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Journée mondiale contre le cancer : l’espoir de meilleurs traitements

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2022-02-04DD/MM/YYYY
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Pour la Journée mondiale contre le cancer 2022, l’accent est mis sur le dépistage et les dernières avancées de la recherche thérapeutique. 

Avec plus de 380 000 nouveaux cas et 157 000 décès chaque année, le cancer reste la principale cause de mortalité en France, loin devant la Covid-19. L’épidémie de coronavirus a malheureusement occulté ce problème majeur de santé publique et surtout engendré des retards dans le diagnostic et la prise en charge des tumeurs. « Il y aura des conséquences, mais on ne sait pas de quelle ampleur » explique Claude Tendil, président de l’ARC, principale fondation française de lutte contre le cancer. Aux Etats-Unis, on estime que plus de 9 millions de cancers n'ont pas été diagnostiqués du fait de l’épidémie de Covid-19. 

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer ce vendredi 4 février 2022, l’Union internationale contre le cancer (UICC) qui organise l’évènement, entend insister sur l’importance du dépistage et les nouveaux traitements. 

 

L’ARN messager, la nouvelle piste des chercheurs

Sur le plan des dépistages, la Haute Autorité de Santé (HAS) a, ce mardi 1er février, après plusieurs années de résistance, enfin entendu l’appel des pneumologues et cancérologues. L’institution a annoncé vouloir expérimenter la mise en place d’un dépistage systématique du cancer du poumon pour les personnes à risque (les fumeurs et anciens fumeurs âgés de 50 à 74 ans). Une décision qualifiée d’historique par de nombreux spécialistes, alors que le cancer du poumon est le cancer le plus mortel chez les hommes (22 700 morts par an) et progresse nettement chez les femmes (10 300 décès annuels). 

Sur l’autre rive de l’Atlantique, le président américain Joe Biden, dont le fils aîné est mort d’une tumeur cérébrale, a appelé ce mercredi les Américains à se faire diagnostiquer et a annoncé un plan de lutte contre la maladie visant à réduire de 50 % la mortalité due au cancer au cours des 25 prochaines années. 

Sur le plan des traitements, l’ARN messager qui, on le sait, a été utilisé pour élaborer des vaccins contre la Covid-19, présente des potentialités intéressantes. « La technologie des thérapies basées sur l’ARN permet d’envisager des stratégies thérapeutiques innovantes pour cibler les cellules cancéreuses ou pour activer l’immunité anticancéreuse » explique Daniel Nizri, président de la Ligue contre le Cancer. De nombreuses équipes de chercheurs travaillent sur le sujet « mais on est au tout début de la recherche » rappelle Claude Tendil. Ces dernières années, c’est surtout sur le terrain de l’immunothérapie que les progrès les plus spectaculaires ont été accomplis. « L’offre des traitements anticancéreux a été bouleversée avec l’arrivée de nouveaux médicaments, dits d’immunothérapie spécifique » explique Marianne Duperay, de l’Institut national du cancer. En 2019, plus de 36 000 patients ont ainsi été traités par des inhibiteurs de point de contrôle de l’immunité, soit 27 % de plus qu’en 2018.

 

Réduction du délai du droit à l’oubli

Mais pour Claude Tendil, « l’effort fait en faveur de la recherche est insuffisant » en France. « Les institutions comme l’ARC financent 40 % du total du budget et de la recherche française en cancérologie, qui n’est que de 190 millions d’euros » explique l’ancien assureur, qui déplore que de nombreux jeunes chercheurs français préfèrent partir aux Etats-Unis, où ils disposent de moyens bien plus conséquents. 

Enfin, la Journée mondiale de lutte contre le cancer est aussi l’occasion de rappeler l’importance d’éviter toute « discrimination » envers les malades du cancer, qui sont 3,8 millions en France. Ce jeudi, une commission mixte paritaire du Parlement a voté un amendement à une loi sur les assurances qui réduit le délai du droit à l’oubli de dix à cinq ans. Ce droit à l’oubli permet aux personnes guéries d’un cancer de ne pas informer leur banque ou leur assureur de leur ancienne maladie au moment de la souscription d’un prêt. La réduction du délai pour bénéficier de ce droit était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, qui sera donc tenu in extremis

 

Quentin Haroche 

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