L’insuline au cœur de l’innovation

Le diabète est un enjeu majeur de santé publique. C’est une maladie chronique qui touche les adultes ou enfants lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline produite par celui-ci.

Depuis plus de 100 ans, nos chercheurs ont toujours essayé de faire évoluer la prise en charge de ces patients diabétiques, notamment ceux traités sous insuline qui est aujourd’hui au cœur de l’innovation.

Retrouvez l’intervention de 3 experts du diabète qui font un retour sur les évolutions de la prise en charge des patients diabétiques.

Au programme :

  • Les avancées majeures constatées par les experts au cours des dernières années dans la prise en charge du diabète et tout particulièrement avec les patients traités sous insuline
  • Les principaux défis restants pour les patients insulino-traités
  • Les développements les plus significatifs dans la prise en charge du diabète avec l’insulinothérapie et les nouvelles technologies pour la prochaine décennie 
 

Dr. Paloma Almeda Valdés, endocrinologue à l’Instituto Nacional de Ciencias Médicas y Nutrición Salvador Zubirán du Mexique

Quelles avancées avez-vous observées au cours des dernières années dans la gestion du diabète, avec l’insulinothérapie ?

« Je pense qu’il y a eu plusieurs avancées, dans le développement de l'insulinothérapie. Je mentionnerais les analogues, de longue et courte durée d’action permettant un traitement plus flexible pour les patients. Pour les patients, je pense que c’est une très grande avancée. Et bien sûr, les stylos qui aident les patients à injecter leur insuline. Comme une très grande avancée en terme de douleur. Je pense donc que je mentionnerais ces deux grandes avancées. Bien sûr, l’avantage des nouvelles insulines qui permettent un horaire flexible d’application est aussi un grand soulagement pour de nombreux patients qui ont besoin de déplacer leurs repas. Je pense donc que tout ça permet aux patients d’avoir une qualité de vie plus flexible et meilleure, une meilleure qualité de vie même en s’injectant de l’insuline. Voici donc selon moi les principaux avantages. »

Pour ceux qui ont besoin d’insuline pour gérer leur diabète, quels sont les défis restants les plus importants ?

« Et bien… Je mentionnerais que nous avons encore beaucoup de traitement à l’insuline les professionnels de santé et les personnes vivant avec le diabète, quant aux avantages du traitement à l’insuline. Il y a encore des défis concernant ces obstacles que nous devons aborder, concernant la peur de l’injection, la peur des effets indésirables, et bien sûr, en termes d'éducation médicale, concernant la façon d'initier l’insuline correctement et de titrer la dose d’insuline afin d’obtenir un contrôle optimal de la glycémie. Et bien sûr, nous avons des défis concernant le poids économique, de ce qu'implique suivre un traitement à l’insuline. Je pense que nous avons besoin de travailler beaucoup plus qui parfois sont des obstacles pour les patients qui utilisent le traitement par insuline. »

En pensant aux 10 prochaines années, quels seront selon vous les développements les plus significatifs dans la prise en charge du diabète avec l'insulinothérapie et la technologie ?

« Bien sûr, nous avons observé beaucoup d’avancées techniques et technologiques ces dernières années. Mais c’est un processus continu. Il y aura de meilleures insulines en termes de durée d’action, des insulines à plus longue durée d'action et d'action plus rapide. Permettant encore plus de flexibilité chez les patients qui ont besoin d’un traitement par insuline. Bien sûr, le contrôle de la glycémie a aussi été un domaine qui a beaucoup avancé ces dernières années et c’est aussi une composante importante du traitement du diabète. Avec ces nouveaux outils technologiques qui nous permettent d’ajuster les doses d’insuline plus précisément et aussi d’éviter l’hypoglycémie, qui est l'obstacle majeur pour le traitement à l’insuline. Je pense que nous nous rapprochons, Nous nous rapprochons d’un traitement encore plus physiologique concernant l’insuline et qui essaie de refléter ce que fait l'organisme automatiquement, en régulant les concentrations de glucose. »

 

Dr. Leigh Perreault, endocrinologue à l’University of Colorado School of Medicine aux Etats-Unis

Quelles avancées avez-vous vues au cours des dernières années dans la prise en charge du diabète, en particulier avec l’insuline ?

L’insulinothérapie est devenue beaucoup plus physiologique, et ça a toujours été notre Saint Graal pour l’insuline d'essayer d’imiter comment ça fonctionnerait chez quelqu’un sans diabète. Il y a 20 ans, quand je suis devenue endocrinologue, on utilisait beaucoup l’insuline 70/30, le prémix, et ce n’était tout simplement pas très physiologique. C’était difficile d’obtenir des glycémies bien contrôlées et à cause de cela, les patients mangeaient sans surprise en cas d’hypoglycémie et ils prenaient du poids. Ainsi, nos patients bien qu'ayant peut-être une glycémie contrôlée, pouvaient prendre du poids. Je me souviens quand les premiers analogues d'insulines basales sont arrivés c’était un bond en avant parce que c'est la sécrétion qui a normalement lieu chez les personnes qui n’ont pas de diabète. Alors tout est devenu de plus en plus physiologique puis avec les analogues d’insuline à action rapide pendant les repas, ça a été encore une autre avancée. Maintenant, quand je m’assois avec des patients, je suis confiant que je vais pouvoir bien contrôler leur glycémie. C’est très satisfaisant pour moi et pour mes patients.

Pour ceux qui ont besoin d’insuline pour prendre en charge leur diabète, d'après vous, quels sont les principaux défis restants ?

Sans équivoque, le plus grand défi de l'insulinothérapie est le risque d’hypoglycémie. C’est toujours très réel pour les patients, c’est souvent une barrière pour obtenir un bon contrôle ou avoir confiance en la thérapie que nous leur prescrivons. C’est toujours ma priorité avec mes patients sous l’insuline de m’assurer qu’ils n’ont pas des hypoglycémies. Une hypoglycémie peut devenir grave en quelques minutes contrairement aux hyperglycémies qui ont des conséquences à long terme. C’est donc très important pour nous de toujours aborder ce problème et de toujours diminuer ce risque. Nous avons fait des progrès dans certaines de nos technologies pour pouvoir suivre les gens avec des glucomètres continus et aussi pour être vraiment sûrs qu’ils n’ont pas d’hypoglycémie. Mais je dirais que le plus grand défi reste de loin le risque d’hypoglycémie associé à l’insuline.

Selon vous, dans les 10 prochaines années, quels seront les développements les plus significatifs dans la prise en charge du diabète avec l'insulinothérapie et la technologie ?

Je pense qu'aujourd’hui les avancées qui arrivent dans le domaine du diabète peuvent probablement aller plus loin avec la technologie comme ce qui se fait notamment avec la physiologie de nombreux médicaments qui arrivent sur le marché. Je pense que la notion d'insulinothérapie intelligente, quelque chose que quelqu’un pourrait injecter et qui libèrerait est élevée ou augmente, est une chose très attrayante, pour les patients. Des insulines qui peuvent se prendre une fois par mois, ou moins souvent, mais une fois encore, sans risque d’hypoglycémie. Alors, la technologie va avoir besoin d’être développée pour encapsuler cette insuline afin de s’assurer qu'une fois dans l'organisme, ça fonctionne mais qu’elle ne soit libérée si la personne n’en a pas besoin. Je vois vraiment la technologie associée aux insulines que nous avons peut-être déjà dans une optique de fusion synergistique. Cela va permettre aux gens d’avoir une vie parfaitement normale presque comme s’ils n’avaient plus de diabète. Cette pensée est donc si séduisante, si gratifiante, et je pense que nous allons y arriver.

 

Dr. Thomas Danne, diabétologue pédiatrique à Bult Diabetes Center for Children and Adolescent

Quels progrès avez-vous vus ces dernières années dans la gestion du diabète, notamment l’insulinothérapie ?

Je suis diabétologue pédiatrique et j’observe maintenant depuis plus de 30 ans vraiment, que l’amélioration en termes de résultats a été spectaculaire. Quand j'étais jeune médecin, j’ai vu des adolescents développer des complications, ce qui est maintenant rarissime. J’ai commencé mes recherches sur les complications du diabète, sur l’angiopathie chez l'enfant. Et c’est une préoccupation qui aujourd’hui dans les pays les plus développés n’arrive plus. D’un autre côté, ça montre que l’insuline ne fait pas tout et nous devrons travailler dans le futur pour harmoniser les soins pour les enfants du monde entier et il reste encore beaucoup à faire.

Pour ceux dépendant de l’insuline pour gérer leur diabète, quels sont les défis restants les plus importants ?

Je pense clairement que le problème est que nous avons un peu promis aux gens qu’avec l’amélioration de la thérapie, avec plus de flexibilité, avec les nouvelles insulines les choses seraient plus faciles. Et cela est vrai en partie. Mais d’un autre côté, avec une flexibilité accrue vient également un fardeau accru. Nous avons de nouvelles méthodes de contrôle de la glycémie ce qui est bien, mais cela signifie que vous devez porter des choses sur votre corps, que vous êtes confronté avec vos mesures de glucose 24h/24 et 7j/7. Et donc je pense que nous devons vraiment soulager la charge de ces personnes qui doivent jour après jour prennent des décisions, font ce qu'il faut concernant leur traitement contre le diabète en y pensant 24h/24, 7j/7. Alors, je pense vraiment qu’essayer de faire oublier le diabète durant la journée, est vraiment le défi qu’on doit réussir.

Si vous imaginez les 10 prochaines années, quels seront selon vous les développements les plus significatifs de la prise en charge du diabète avec l’insuline et la technologie ?

Eh bien, en tant que pédiatre, je suis toujours optimiste. vont être fabuleuses et que beaucoup de choses vont changer, que nous n’aurions jamais pensé que cela arriverait. Pour le diabète de type 1, et cela est probablement vrai pour le diabète de type 2 également, je pense à une thérapie plus ciblée et personnalisée et en particulier, au-delà de l’insuline. Nous traiterons donc le diabète de type 1 bien plus tôt. Dans le diabète de type 2, s’il n’y a pas de déséquilibre glycémique, le temps de modulation immunitaire du diabète de type 1 va arriver. Pour le traitement pharmacologique du diabète de type 1, Je pense qu’on entre dans une ère où cela ressemblera beaucoup plus une thérapie contre le cancer, pour traiter le diabète et en spécialisant directement, en personnalisant pour chaque patient. D’autre part, il se passe aussi que le contrôle de la glycémie deviendra un marché. Nous aurons des glucomètres disponibles plus ou moins pour tout le monde sur les portables, smartphones. Le contrôle de la glycémie, ou plutôt, le contrôle de la glycémie interstitielle pourra être fait par presque tous une fois ces technologies disponibles. Ça va aussi changer l’image du diabète partout. Et donc, si cela se produit, j’espère que l’administration d’insuline automatisée sera aussi beaucoup plus utilisée pour traiter le diabète de type 1, mais aussi de type 2. Et enfin j’espère que cela allégera le fardeau des patients, les aidera et facilitera aussi les choses pour les équipes du diabète. Nous sommes confrontés maintenant aux défis d’intégrer toute cette technologie à la clinique virtuelle du diabète car pourquoi avons-nous encore besoin d’aller dans une clinique quand beaucoup de ces choses peuvent se faire sur le net ? Je pense, bien sûr, que le contact personnel sera toujours nécessaire entre un patient et l’équipe de traitement du diabète, mais comme nous apprenons maintenant à l’époque de la pandémie COVID, beaucoup peut se faire en ligne et c’est, bien sûr, beaucoup plus pratique pour les patients avec un diabète. Je pense que l’avenir est rayonnant et j’espère vraiment que le défi de faciliter la vie de tous les jours avec le diabète sera un défi que nous pourrons relever dans les 10 années à venir.

 
Comment évaluez-vous votre expérience ?
Sur la base de chacun des aspects suivants allant de 1 (très faible) à 7 (très bien)
MAT-FR-2100515 - 02/2021

Sujets connexes

Contenus similaires