Date de publication :
18/01/2022

Faut-il y voir un nouvel argument pour attirer la population dans des meetings ? Vendredi 31 décembre, Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, annonçait devant les caméras de TF1 que son parti mettrait des masques FFP2 à la disposition des participants aux rassemblements en vue de la campagne présidentielle.

Face à l’augmentation des cas de Covid-19 et l’arrivée du variant Omicron, de nombreux pays ont décidé d’imposer le port du masque FFP2 dans les lieux publics en lieu et place des masques chirurgicaux ou en tissu.

C'est le cas notamment en Italie, où ces masques, blancs en général et en forme de bec de canard, sont obligatoires depuis le 25 décembre dans tous les transports publics, les cinémas, les théâtres, les musées et les stades. Même obligation en Grèce dans les lieux publics à partir du 3 janvier.

Et en France ? Interpellé sur le sujet par des députés le 29 décembre en commission, le ministre de la santé Olivier Véran a simplement dit avoir demandé l’avis du Haut Conseil de la santé publique sur la question.

Meilleure protection

D’un point de vue de protection du public, les masques FFP2 répondant à la norme européenne EN149 (ou son équivalant chinois KN95) possèdent un avantage indéniable. Le FFP2 dispose en effet d’une capacité filtrante de 94 % des particules de 0,6 micromètre.

De nombreuses études ont également confirmé la plus grande efficacité du masque FFP2 que le masque chirurgical.

Selon les chercheurs des universités de Göttingen (Allemagne) et de Cornell (États-Unis), si une personne non infectée par le SARS-CoV-2 porte un masque chirurgical lors d’une discussion avec une personne infectée, non masquée, et à une distance de 1,50 mètre, le risque maximal d’infection atteint 90 % après trente minutes. Avec un masque FFP2, ce risque baisse autour de 20 %, même après une discussion d’une heure. Si les deux personnes portent un masque chirurgical, le risque maximal est inférieur à 30 %, même après une heure. Mais si les deux individus portent un masque FFP2 correctement ajusté, alors ce risque tombe à 0,4 % au maximum.

Le FFP2 a également comme avantage d’englober l’intégralité du visage. Ce qui permet de s’assurer d’un port correct du dispositif de protection alors que les masques chirurgicaux, préférés par la population française, sont souvent mal utilisés par le public (masques réutilisés, disposés sous le nez ou sous le menton…).

Mais acceptabilité moindre ?

Alors pourquoi la France refuse-t-elle d’opérer une conversion de masse au profit des masques FFP2 ? Dans son avis du 8 décembre, le conseil scientifique estimait seulement que « les personnes les plus fragiles ou non vaccinées peuvent porter un masque de type FFP2 dès que cela est possible, avec toute la complexité néanmoins liée à cet usage ».

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les réserves des autorités à l’idée d’imposer le port du masque FFP2.

Le premier concerne évidemment le prix des masques FFP2 comparé aux masques chirurgicaux. A l'unité, un masque FFP2 est jusqu'à six fois plus onéreux qu'un masque chirurgical classique. Il faut compter en effet environ 50 à 60 centimes le masque FFP2 pour un particulier et entre 30 et 40 centimes pour les commandes en gros des professionnels de santé. Un prix qui a toutefois fortement diminué grâce à l’arrivée de masques en provenance de Chine.

Mais d’autres arguments semblent inciter les autorités à la prudence. Si le masque FFP2 est d’avantage protecteur, il est aussi particulièrement contraignant. Interrogé par Le Monde, Pascal Crépey, épidémiologiste, déclare « on peut facilement se sentir opprimé : on respire moins bien, on peut avoir envie de l’enlever à la longue ».

Cet argument avait d’ailleurs conduit les autorités en 2011 à ne pas renouveler le stock des masques FFP2. Dans une note de 2011, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale en était arrivé à la conclusion que « le recours systématique aux masques de protection respiratoire de type FFP2 a montré ses limites en termes d’efficacité car la gêne voire la difficulté respiratoire liées à leur port, conduisent à un faible taux d’utilisation ».

En outre, un revirement gouvernemental pourrait faire naître un doute sur l’efficacité des masques chirurgicaux qui offrent, malgré tout et sous réserve d’un port correct, une protection contre la contamination.

Mauvais esprit : et si la France n’en disposait pas ?

La question méritait d’être posée : et si la France refusait de se convertir aux FFP2 en raison d’une pénurie cachée ? De ce point de vue-là, il semble que la France ne dispose pas de difficultés en termes de stocks ou d’approvisionnement.

En janvier 2021, la direction générale de la santé affirmait à LCI que Santé publique France avait en sa possession – en plus des stocks gérés par les établissements – 406 millions de masques FFP2, « soit 203 % du stock cible correspondant à trois semaines de crise épidémique ».

La solution miracle ?

Reste que le FFP2 ne peut constituer par nature une solution miracle pour lutter contre l’épidémie.

Ainsi, l’Autriche et la Bavière ont mis en œuvre l’obligation du port du masque FFP2 dans les lieux publics et dans les transports depuis plus d’un an, face à l’apparition du variant Alpha. Une décision qui n’a empêché ni l’augmentation des cas au cours du printemps 2021, ni la vague de variant delta en novembre dernier.

C.H.

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