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Présidentielle 2022 : que proposent les candidats pour lutter contre les déserts médicaux ?

Date de publication :
2022-02-21DD/MM/YYYY
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Plus de critères de sélection pour le contenu MAT-FR-2200393 - 02/22

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À moins de deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, les différents candidats à l’élection présidentielle commencent à égrener leurs propositions sur les questions sanitaires et notamment sur un enjeu majeur : les déserts médicaux.

 

La désertification médicale est un phénomène en augmentation ces dernières années. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 5,7 % des Français vivaient en 2018 dans une zone considérée comme un désert médical, c’est-à-dire sous-dotée en généralistes et en spécialistes, contre 3,8 % seulement en 2015. 

Cette tendance est due au vieillissement de la population qui entraine une augmentation de la demande de soins et au départ à la retraite de nombreux médecins formés dans les années 1970. Les candidats à l’élection présidentielle rivalisent donc de propositions pour résorber ce problème, devenu un enjeu de société majeur pour la France « périphérique ».

 

La droite mise sur l’incitation financière...

Du côté droit de l’échiquier politique, la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, propose d’accorder des subventions aux professionnels de santé installés dans des « zones sous tension » en fonction de leur activité via une dotation fixée par région par l’Assurance Maladie. La présidente de la région Ile-de-France propose également d’augmenter le tarif de la consultation de 25 à 30 euros sans augmenter le reste à charge. Elle souhaite aussi rajouter une année à l’internat de médecine générale qui serait dévolue à l’exercice dans une zone sous dotée.

Pour parvenir à « l’éradication des déserts médicaux » en 2027, la principale solution proposée par Marine Le Pen consisterait à mettre en place une « rémunération modulée selon le lieu d’installation », l’objectif étant de parvenir à un « rééquilibrage entre les campagnes et les grandes métropoles ». La candidate du rassemblement national souhaite également augmenter le tarif de la consultation, qui « peut difficilement être inférieur à 35 euros ». Eric Zemmour (Reconquête) souhaite quant à lui que « l’Etat embauche en urgence 1 000 médecins et les envoie comme salariés dans les déserts médicaux ». Le candidat d’extrême-droite envisage de rétablir les « obligations de garde » pour les médecins libéraux afin « d’alléger les services d’urgence qui sont surchargés ».

 

...et la gauche privilégie plutôt la contrainte

À gauche en revanche, les incitations financières sont écartées au profit de la contrainte étatique. Le candidat de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon considère ainsi que l’Etat doit imposer aux jeunes médecins libéraux leur lieu d’installation pendant 10 ans, en échange d’une rémunération équivalente au SMIC durant leurs années d’étude. Le communiste Fabien Roussel souhaite quant à lui interdire aux médecins libéraux de s’installer dans les zones denses « sauf pour remplacer un départ ». 
Même son de cloche du côté de l’écologiste Yannick Jadot qui propose à la fois d’imposer aux jeunes médecins libéraux d’exercer dans des zones sous dotées pendant trois ans et d’interdire l’installation dans une zone « correctement pourvue » sauf en cas de départ.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, fait entendre une voix différente : elle se dit opposée à « toute démarche autoritaire » et propose de créer un statut de « médecin assistant » qui serait déployé dans les territoires en tension et rémunéré 3 500 euros par mois.

 

Former davantage de médecins

Un point en revanche sur lequel tous les candidats, de droite comme de gauche, se retrouvent : la nécessité de former plus de médecins. Les différents candidats avancent leurs propres chiffres : Anne Hidalgo propose de former 15 000 médecins par an, Valérie Pécresse 20 000. Le numerus clausus (supprimé en 2019) et la réforme des études de médecine semblent très mal vus à l’extrême droite : Marine Le Pen considère le nouveau dispositif comme « absurde et idéologique » tandis qu’Éric Zemmour, qui veut « doubler la capacité de formation », s’émeut qu’on ait « empêché beaucoup de petits Français de devenir médecin pour aller chercher des médecins étrangers qui ne sont pas forcément meilleurs ».

Quid des propositions du (très probable) candidat Emmanuel Macron sur le sujet ? Il faut encore patienter le temps que le Président sortant officialise sa candidature à sa réélection et dévoile son programme.

 

Grégoire Griffard

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