La dermatite atopique : une réponse inflammatoire de type 2

Date de publication :
2021-01-11DD/MM/YYYY
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Date de publication :
2021-01-11DD/MM/YYYY
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SANOFI
Public visé :
Médecin

La physiopathologie de la dermatite atopique (DA) est complexe et implique notamment la barrière cutanée, le système immunitaire, le système nerveux périphérique et central en lien avec le prurit et des facteurs environnementaux.1-2

Les hypothèses étiologiques ont largement évolué ces 20 dernières années. Plusieurs pistes ont successivement été explorées :1

  • Une réponse immune médiée par les immunoglobulines E (IgE, hypersensibilité de type I) ;
  • Le rôle initial de l’altération de la barrière cutanée (théorie « outside-in ») ;
  • Le rôle initial d’un déséquilibre immunitaire (théorie « inside-out »).

Aujourd’hui, la preuve a été faite que les lésions aiguës de la DA se caractérisent par une réponse inflammatoire de type 2, qui implique les lymphocytes T CD4+ auxiliaires (helper) de type 2 (Th2).

Les différents acteurs immuns de l’inflammation de type 23

Les cellules de l’immunité innée, telles que les cellules lymphoïdes de type 2 (ILC2) et des cellules dendritiques (DC), entrent en contact au niveau de la barrière épithéliale avec des allergènes, des molécules irritantes ou des dérivées de pathogènes. Ces cellules présentatrices de l’antigène vont activer les lymphocyte Th2 et déclencher la libération de grandes quantités de cytokines de type 2, dont les interleukines IL-4, IL-5, IL-9 et IL-13. Ces cytokines vont entraîner la réaction inflammatoire en favorisant :

  • La sécrétion d’IgE par les lymphocytes B ;
  • L’activation des éosinophiles et mastocytes ;
  • La polarisation des macrophages vers un profil M2.

Aussi, la libération d’IL-13 peut favoriser la migration des DC vers les ganglions lymphatiques et par l’intermédiaire de L’IL-4 déclencher l’activation des cellules Th2.

Découvrez ci-dessous une vidéo explicative de la voie inflammatoire de type 2

 

L’IL-4 : un rôle clé dans la dermatite atopique1

Le gène de l’IL-4 est porté par le chromosome 5, en cluster avec d’autres gènes impliqués dans la physiopathologie de la DA, tels que ceux codant pour l’IL-13 et l’IL-5. L’IL-4 est synthétisée par différentes cellules immunitaires, telles que les lymphocytes Th2, les ILC2, les lymphocytes cytotoxiques 2 (Tc2), les éosinophiles, les mastocytes et les basophiles activés.

L’IL-4 agit en se liant à ses récepteurs présents à la surface des cellules cibles. Sur les cellules lymphocytaires, IL-4 est responsable de la différenciation des lymphocytes CD4+ naïfs (Th0) en Th2, ainsi que de la différenciation des ILC2 et TC2. Au niveau des lymphocytes B, l’IL-4 induit la production d’IgE. Afin d’amplifier l’inflammation de type 2, l’IL-4 module également l’activité des cellules dendritiques et la différenciation des monocytes, retrouvés en abondance dans les lésions cutanées de la DA.

Au-delà de ces effets sur les cellules immunes, l’IL-4 contribue à l’altération de la barrière cutanée en perturbant la différenciation des kératinocytes, la fonction des fibroblastes et la composition des lipides extracellulaires cutanés.

Par ailleurs, l’IL-4 stimule les fibres nerveuses sensorielles responsables des démangeaisons, de manière directe et indirecte via la cytokine pruritogène IL-31.

Points clés

  • Le mécanisme physiopathologie de la DA est complexe et sa compréhension a largement évolué au cours de ces 20 dernières années.
  • Les lésions aiguës de la DA se caractérisent par une réponse inflammatoire de type 2, qui implique les lymphocytes T CD4+ auxiliaires de type 2 (Th2).
  • L’IL-4 joue un rôle central en favorisant la réponse inflammatoire de type 2, en altérant la fonction barrière de la peau et en activant les fibres nerveuses responsables du prurit.

Références :

  1. Chiricozzi A, et al. Targeting IL-4 for the Treatment of Atopic Dermatitis. Immunotargets Ther. 2020 ; 9 : 151-156.
  2. Hello M, et al. Dermatite atopique de l’adulte. Rev Med Interne. 2016 ; 37(2) : 91-9.
  3. Walker JA, et al. TH2 cell development and function. Nat Rev Immunol. 2018 ; 18(2) : 121-133.
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