L’inflammation de type 2 entretient le cycle lésion/prurit de la dermatite atopique

Date de publication :
2021-01-11DD/MM/YYYY
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Date de publication :
2021-01-11DD/MM/YYYY
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SANOFI
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Médecin

La physiopathologie de la dermatite atopique (DA) fait intervenir des mécanismes complexes, notamment une inflammation de type 2, l’altération de la barrière cutanée et un prurit intense.1-2

Recrutement cutané d’une inflammation de type 2

L’altération de la fonction barrière de la peau chez les patients atteints de DA permet à des allergènes, irritants ou toxines, de pénétrer. Pour en savoir plus, découvrez notre article «Qu’est-ce que la dermatite atopique ?»3 Les kératinocytes alors activés produisent la cytokine TSLP (thymic stromal lymphopoietin) et les interleukines IL-25 et IL-33.1-2 La TSLP stimule l’expression d’OX-40 par les cellules dendritiques myéloïdes et l’IL-33 l’expression d’OX-40 par les cellules lymphoïdes de type 2 (ILC2). L’OX-40 interagit avec l’OX-40 ligand des lymphocytes T et favorise une réponse inflammatoire de type Th2. Pour en savoir plus, découvrez notre article «La dermatite atopique : une réponse inflammatoire de type 2»

Cette réponse inflammatoire Th2 est caractérisée par :

  • la présence en grand nombre de lymphocytes T CD4+ auxiliaires (Th) 2 dans les lésions cutanées de la DA ;
  • l’expression d’un bouquet de cytokines, dont les IL-4, IL-5, IL-13, IL- 31 et TSLP.1-2,4

Aussi, l’implication de la réponse inflammatoire Th2 dans la DA s’illustre par la corrélation entre sévérité de la DA et niveau d’expression de molécules dépendantes des IL-4/IL-13.2 Les CCL17, CCL18, CCL22 et CCL26 sont surexprimées dans les lésions cutanées de la DA. Le CCL26, produit par les cellules endothéliales activées par les IL-4/IL-13, est un puissant chimioattractant pour les éosinophiles. Les CCL17, CCL18 et CCL22 sont libérés par les cellules dendritiques sous l’effet des IL- 4/IL-13 et ont un effet chimioattractif sur les lymphocytes Th2. L’IL-4 amplifie ainsi le recrutement de cellules Th2.2

Effets délétères de l’inflammation de type 2 sur la fonction barrière de la peau

Les IL-4/IL-13 altèrent la différenciation des kératinocytes et leur rôle dans l’immunité innée.2,4

L'IL-4 perturbe :

  • la synthèse des protéines de différenciation terminale des kératinocytes, telles que la filaggrine, la loricrine et l’involucrine ;
  • l’expression de gènes liés à la différenciation des kératinocytes aux stades précoces (kératine, desmogléine).

Les IL-4/IL-13 altèrent également le métabolisme des lipides extracellulaires.

La réponse inflammatoire Th2 interfère donc avec la différenciation et la maturation de l’épiderme et exacerbe l’altération de la barrière cutanée. La pénétration d’antigènes et de pathogènes est facilitée.1 La vulnérabilité face aux infections bactériennes est également accrue sous les effets de l’IL-4, avec une réduction de :

  • la production par les kératinocytes des peptides antimicrobiens (PAM) ;
  • la production de collagène, fibronectine et fibrinogène par les fibroblastes, molécules d’adhésion pour certains pathogènes comme Staphylococcus aureus.4

Amplification du prurit sous l’effet de l’inflammation de type 2

Les démangeaisons sont médiées par des fibres nerveuses sensorielles, les corps cellulaires de ces neurones étant localisés dans les ganglions de la racine dorsale.2 Des terminaisons nerveuses libres sont présentes dans l'épiderme, dans le derme papillaire et autour des annexes cutanées. Elles peuvent être activées par des facteurs pruritogènes tels que l'histamine, mais également l’IL-14/IL- 13, l’IL-31 ou la TSLP. L’IL-31 joue un rôle critique dans la physiopathologie du prurit. L’IL-4 est capable d’induire la surexpression du récepteur de l’IL-31 de manière dose-dépendante et d’amplifier le prurit induit par l’IL-31.4 Aussi, l’IL-4 contribue de manière directe et indirecte à la stimulation des neurones sensoriels.

Le grattage de la peau lié à ce prurit entretient le défaut de la barrière cutanée et joue un rôle fondamental dans la chronicité de la maladie.1

Cycle vicieux entre inflammation de type 2, altération de la barrière cutanée et prurit dans la DA.1,4

 

Points clés

  • Les cellules immunitaires cutanées favorisent la déviation vers une réponse inflammatoire de type Th2 et le recrutement de cellules Th2.1,4
  • La réponse inflammatoire Th2 interfère avec la différenciation et la maturation de l’épiderme et exacerbe l’altération de la barrière cutanée.2,4
  • Les médiateurs de l’inflammation Th2 contribuent de manière directe et indirecte à la stimulation des neurones sensoriels qui interviennent dans les démangeaisons.4
  • Le grattage de la peau lié au prurit entretient le défaut de la barrière cutanée et joue un rôle fondamental dans la chronicité de la maladie.1

Références :

  1. Di Lucca-Chrisment A, et al. Traitements systémiques émergents de la dermatite atopique. Rev Med Suiss. 2018 ; 14 : 685-9.
  2. Nakahara T, et al. Basics and recent advances in the pathophysiology of atopic dermatitis. J Dermatol. 2020.
  3. Leung DYM, et al. New insights into atopic dermatitis. J Clin Invest 2004 ; 113 : 651–657.
  4. Chiricozzi A, et al. Targeting IL-4 for the Treatment of Atopic Dermatitis. Immuno Targets Ther. 2020 ; 9 : 151-156.
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